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L'énergie nucléaire a-t-elle signé son arrêt de mort avec Fukushima?

Posted on 05/13/11 by Rodrigue@voicesofyouth.org

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Le violent tremblement de terre qui a touché le Japon le 11 mars 2011 a causé de nombreux dégâts matériels et la mort ou la disparition de plus de vingt mille personnes. Malheureusement, que ce soit du côté des populations affectées, voire même du peuple nippon en général, ou de celui des autorités, le deuil de ce drame semble pour le moment un peu ralenti, sinon suspendu.

En effet, le tremblement de terre a débouché sur une catastrophe nucléaire à la suite de l’explosion d’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima, dans le Centre-Nord de l’Ile de Honshu. L’arrêt du système de refroidissement est principalement en cause. Malgré les nombreux efforts consentis par les autorités et l’opérateur gestionnaire de cette centrale pour faire face à cette situation et rassurer les populations et autres médias, avec la création d’un périmètre de sécurité de trente mètres autour de la centrale, ces derniers ne cachent pas que la situation reste critique. L’annonce d’une probable autre fuite d’eau radioactive qui se déverserait dans la mer a été faite le courant de cette semaine par l’Opérateur gestionnaire de la centrale de Fukushima. L’ampleur de cette catastrophe nucléaire, même si la vérité sur la situation réelle actuelle nous parait un peu incomplète, risque de se rapprocher de celle d’une autre qui s’est durablement inscrite dans l’histoire du nucléaire : l’accident de Tchernobyl, en Ukraine.

Le 26 avril 1986 l’un des quatre réacteurs d’une centrale nucléaire située à une vingtaine de kilomètre de Tchernobyl a explosé. L’accident, arrivé alors que le système de refroidissement fût éteint, a détruit l’enveloppe de protection du réacteur. Ce qui a libéré dans l’atmosphère une quantité si grande de radioactivité que certains spécialistes ont estimé être au moins égale à cent fois celle libérée par les bombes de type Hiroshima. En plus de l’Ukraine, la Biélorussie, la Finlande, la Pologne, l’Allemagne et la France font partie des pays qui ont été touchés par ce nuage radioactif libéré à Tchernobyl. L’impact sur l’homme (des certaines de milliers de victimes chez qui les doses de radioactivités ont créé des problèmes de santé, situation dramatique des milliers de personnes – les Liquidateurs- qui sont intervenues sur le site) et sur l’environnement (terres et nourritures contaminées, taux très élevé de mutation chez certains animaux dans la zone) a été et reste très fort.

Alors, la catastrophe de Fukushima va –telle faciliter la mort du nucléaire, comme le souhaitent depuis longtemps de nombreux militants écologiques ? Ce que nous savons, c’est que la situation au Japon a remis sur la table le débat de la fin du nucléaire et du développement des énergies renouvelables. Ce débat est beaucoup plus prononcé dans les "grands pays nucléaires" tel que la France qui compte le plus de centrales nucléaires au monde et dont la part du nucléaire dans l’électricité est très importante. D’un côté les "pros nucléaires" qui considèrent que la sortie du nucléaire serait préjudiciable pour l’économie, voire suicidaire, car obligerait à une forte augmentation du prix de l’électricité (le nucléaire permet d’avoir des coûts moins élevés). En plus, s’ils sont d’accord qu’il faut augmenter la part des énergies renouvelables et propres (panneaux solaires, éoliennes, par exemple) dans l’énergie produite ou utilisée, ils estiment que cela reviendrait plus cher. De l’autre côté les "anti nucléaires » qui estiment que le nucléaire reste très dangereux pour la vie humaine.

A côté de la sûreté nucléaire (réduction jusqu’à son plus faible niveau des risques radioactifs liés au nucléaire) qui n’est pas garantie à cent pour cent, la gestion des déchets nucléaires, qui restent bien souvent dangereux pendant des milliers d’années, reste un problème permanent pour les générations futures. Pour ce qui est du coût élevé des énergies renouvelables, les militants écologiques estiment que le débat est faussé vu que dans le nucléaire l’évaluation des coûts ne prend pas en compte celui du démantèlement des installations. Sa prise en compte changerait la donne.

Nous, nous pensons que si le nucléaire permet d’avoir une énergie à moindre coût, et c’est certainement ce qui pousse le Sénégal (pays en Afrique de l’ouest) à s’y intéresser pour faire face à ces grands problèmes d’énergie, son impact sur l’environnement et sur l’homme reste grand. En plus, la question de la gestion des déchets ne nous parait pas encore rassurante car le stockage à des milliers de mètres sous terre et dans des zones géologiques dites stables a montré ses limites en Allemagne. Doit-on donc en sortir ? Certainement, mais de toute façon ce doit être un processus qui s’étale sur le long terme et dans lequel le développement des énergies renouvelables sera amélioré. Il faut cependant garder à l’esprit les réalités économiques du monde et le fait que les populations devraient comprendre qu’elles devront mettre un peu plus la main à la poche.

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Photo 1: © UNICEF/NYHQ2011-0424/Adam Dean In 13 March, children and their mothers play in an emergency evacuation centre for people affected by the earthquake and subsequent tsunami, in the city of Koriyama, in Fukushima Prefecture.

Photo 2: © UNICEF/NYHQ1991-0829/Andrew Shukin Since the 1986 accident at the Chernobyl nuclear power generating plant in the Ukraine, increasing numbers of children born in the southern regions of neighbouring Bylorussia - downwind at the time of the explosion - have genetic abnormalities.

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