La fin de la France black, blanc, beur?

Posted April 30, 2011 no picture

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Scandale au pays de Zinédine Zidane et Lilian Thuram, héros de la coupe du Monde de football de 1998 qui s’était soldée par la victoire de l’équipe la plus multiculturelle au monde: une équipe black, blanc, beur, symbole d’une France multiethnique et fière de l’être. Une enquête de Mediapart, journal d'information numérique réputé pour son journalisme d'investigation, a en effet révélé que certains dirigeants de la Fédération française du football (FFF) envisageaient d’instaurer des quotas afin de limiter à 30% la proportion de jeunes espoirs «binationaux » formés en France sous prétexte que ces derniers risquaient plus tard de choisir de porter les couleurs de leur pays d’origine plutôt que celles du drapeau tricolore, des accusations démenties par la FFF et les personnes impliquées.

Les faits :

A l’origine de la controverse? Une réunion du 8 novembre 2010 des responsables du football français lors de laquelle Laurent Blanc, le sélectionneur de l’équipe de France, aurait affirmé être favorable à l’instauration de tels quotas. « Quand les gens portent les maillots de l’équipe nationale dès 16 ans, 17 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans, Espoirs, et qu’après ils vont aller jouer dans des équipes nord-africaines ou africaines, ça me dérange énormément », aurait notamment déclaré ce dernier au cours de cette réunion.

Mais Mediapart va plus loin dans ses accusations en reprochant également à certains dirigeants du foot français de vouloir "rompre avec le stéréotype des joueurs grands, costaux et puissants", François Blaquart, directeur technique national de la FFF ayant par exemple évoqué par voix de presse "la nécessité de privilégier l’intelligence de jeu par rapport à la technique et surtout à l’aspect athlétique". Traduction ? Il faudrait cesser de privilégier les joueurs noirs en se basant sur des critères morphologiques, argument évoquant selon Mediapart les "pires présupposés racialistes du XIXe siècle".

Au lendemain de la controverse, les principaux intéressés se sont empressés de démentir les accusations de Mediapart, Laurent Blanc affirmant dans une interview publiée dans le Figaro que ce projet de quotas n’existait pas et qu’éliminer des joueurs parce qu’ils sont d’une certaine couleur ne faisait pas partie de ses choix. "Je veux juste permettre qu’on n’élimine pas des jeunes joueurs qui n’ont pas forcément des qualités athlétiques", précisait-il cependant. "Mon seul souci est d’avoir de bons joueurs pour une bonne équipe de France qu’ils soient petits ou grands, quels que soient leur lieu de naissance ou leurs ascendances", a-t-il aussi affirmé dans un communiqué publié sur le site de la FFF. Quant à François Blaquart, il a été suspendu de ses fonctions par le Ministère des Sports et la FFF dans l’attente des conclusions des enquêtes menées par la FFF et l’Inspection Générale de la Jeunesse et des Sports suite aux révélations de Mediapart. La FFF, qui souhaite bien entendu enterrer cette controverse (mauvaise pour son image) au plus vite, a pris le soin de préciser dans un communiqué de presse qu’"aucune politique de quotas au recrutement de ses centres de formation n’a été validée, ni même envisagée".

Le débat :

Un article publié dans le journal Le Monde au lendemain de cette controverse précise que lors de la dernière édition du Mondial 2010 qui a eu lieu en Afrique du Sud (et au cours duquel l’équipe de France s’est illustrée par sa médiocrité), neuf footballeurs français formés en France ont joué pour d’autres équipes, un fait totalement légal, l’article 15 du règlement de la FIFA autorisant depuis 2004 les joueurs ayant porté le maillot d’un certain pays dans les catégories de jeunes à défendre les couleurs d’une autre sélection au niveau seniors. Selon Mediapart, si ce phénomène inquiète certains dirigeants de la Fédération française de football, Francis Smerecki, l’entraineur de l’équipe de France des moins de 20 ans, se serait pourtant insurgé contre cette idée d’instaurer des quotas afin de limiter la proportion des joueurs binationaux qualifiant cette pratique de discriminatoire. "Si le mec a envie d’être international, c’‘est quand même normal qu’il aille vers un pays où il va pouvoir jouer", aurait-il ainsi affirmé au cours de cette fameuse réunion du 8 novembre dernier.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Réagissez à cette polémique qui met à mal l’image de cette France black, blanc, beur, pays bigarré qui fêtait en 2002 la défaite de Jean-Marie Le Pen, le leader de l’extrême droite française (qui avait d'ailleurs reproché à l’équipe de France de football de comporter trop de noirs), aux élections présidentielles aux sons de « Zidane président », le footballeur d’origine algérienne étant devenu le symbole de l’intégration à la française.

Voices of Youth souhaite recueillir vos opinions sur cette controverse embarrassante pour la France du foot.

Pour en savoir Plus : Le site de Médiapart : www.mediapart.fr Le site de la FFF : www.fff.fr

Photo@http://www.flickr.com/photos/97172203@N00/421924767/




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